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Objectifs 2008 - 2011 Imprimer Envoyer

Les études conduites auprès de patients chroniques (voir Résultats) sont limitées par plusieurs facteurs:

  • Ils portent sur des patients dont l'évolution est défavorable et ne prennent pas en considération ceux qui se rétablissent après un premier épisode.
  • Ils sont influencés par l'impact des rechutes inhérentes au vécu des malades chroniques; ces rechutes, souvent aggravantes, sont susceptibles de modifier la réponse au traitement et empêchent de vérifier son efficacité sur les symptômes initiaux de la maladie.
  • Les résultats sont également influencés par les effets de la prise chronique de médicaments sur les mécanismes de la maladie.

altLes études portant sur des personnes traversant la phase précoce d'un trouble psychotique permettent d'éviter ces biais et offrent ainsi l'opportunité d'étudier des phénomènes intimement liés à la pathologie elle-même, ceci dans une population de patients représentatifs de tous les potentiels d'évolution.

Par ailleurs, plusieurs études suggèrent que lors de troubles psychotiques, les 5 premières années constituent une "phase critique", au cours de laquelle il serait possible d'infléchir la courbe d'évolution défavorable de la maladie.
D'autres études montrent que des phénomènes de modification cérébrale surviennent au moment de la transition vers la psychose franche (psychose pleinement déclarée, ayant dépassé le stade des signes avant coureurs).
Il semble donc important de chercher à développer des traitements qui permettraient d'agir sur les phénomènes qui surviennent pendant la phase critique.

Considérant ces éléments, l'étude menée actuellement par l'Unité de recherche sur la schizophrénie (URS) a pour objectif d'évaluer l'impact de l'adjonction de NAC (nouveau médicament inspiré directement des recherches de l'URS) au traitement neuroleptique standard chez des patients traités lors des premières apparitions d'un trouble psychotique.

altIl s'agit d'un essai randomisé contre placebo, en parallèle et double aveugle sur une durée de 6 mois par patient. Il est prévu d'inclure 80 à 100 patients sur trois ans. La moitié des patients participant à l'étude reçoit de la NAC, l'autre moitié absorbe un placebo (substance neutre); la répartition se fait au hasard. L'étude est menée simultanément sur les deux groupes, ni les patients ni les responsables de l'étude ne sachant qui reçoit la NAC et qui reçoit le placebo.

Plusieurs institutions à Lausanne collaborent à ce projet (CHUV, EPFL, UNIL).
Par ailleurs, une équipe de la Harvard Medical School à Boston (USA), sous la direction du professeur Larry J. Seidman, s'est déclarée intéressée par le projet en question; elle souhaite y participer en menant une étude parallèle de son côté, dont les résultats constitueront un précieux complément aux données obtenues à Lausanne.

Il s'agit donc d'une étude multicentrique, menée selon des paramètres communs - mais dont le financement (en Suisse et aux Etats-Unis) est entièrement indépendant. Elle a commencé début 2009 et va occuper une grande partie des forces et des moyens de l'URS impliqués dans la recherche clinique durant trois ans.

Parallèlement, l'URS poursuit les objectifs suivants:

  • Continuer à explorer d'autres substances susceptibles d'être plus efficaces que la NAC.
  • Affiner les "marqueurs biologiques" mis en évidence afin de préciser un diagnostic précoce chez les jeunes psychotiques et ainsi pouvoir établir un traitement dans les meilleurs délais.
  • La schizophrénie implique certainement plusieurs gènes dont la combinaison contribue à la vulnérabilité pour la maladie. Pour expliquer la maladie, il est important d'examiner si d'autres gènes, actuellement suspectés de jouer un rôle, se combinent avec ceux liés à la synthèse du glutathion.
  • L'étude des modèles expérimentaux est essentielle tant pour comprendre les mécanismes de la maladie que pour tester d'éventuels médicaments. L'URS se propose de poursuivre l'analyse de souris dont le gène de synthèse du glutathion est supprimé afin de vérifier quel en est l'effet sur le développement de certains neurones et de leur activité. Cela devrait également permettre de définir à quel moment du développement du cerveau des événements extérieurs comme le stress sont susceptibles d'aggraver les anomalies neuronales.
  • Le cerveau de patients souffrant de schizophrénie manifeste une déficience dans la formation de la myéline, cette gaine qui entoure les fibres nerveuses et assure la bonne propagation de l'influx nerveux. Or, les cellules responsables de la formation de la myéline sont les plus sensibles au déséquilibre de la balance entre oxydations et réductions. Il se pourrait donc que le déficit en glutathion d'origine génétique identifié par l'URS soit à l'origine des troubles de la myéline en schizophrénie. L'URS en planifie dès lors l'étude dans son modèle animal.

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